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  • La Ruche ouvrière, 1964, 88p

Georges Las Vergnas a choisi de présenter deux livres de la bible juive, dont l’un tranche sur les autres par sa note sensuelle (Le Cantique des Cantiques, «épiphanie de fleurs multicolores et capiteuses»), et l’autre, frondeuse (L’Ecclésiaste, «rose noire sans parfum»).

L’auteur a traduit les deux textes en vers libres, sans numérotation de versets.

Le Cantique des Cantiques

Georges Las Vergnas voit dans le Cantique un poème classique où l’amour d’une jeune fille pour un berger surpasse la puissance d’un roi.

Contre Voltaire, qui y voyait une rhapsodie inepte, et d’autres, dont Renan, qui y voyaient un drame scénique, Las Vergnas pense qu’il s’agit d’un drame chanté, plus conforme à la Loi juive qu’une représentation théâtrale.

L’argument du Cantique est de «montrer que la femme ne s’éveille que par l’amour. Née du sommeil de l’homme, d’après l’Écriture, l’aimé seul la tirera de son propre sommeil» (p13)

L’Ecclésiaste

Georges Las Vergnas nous dépeint l’auteur de l’Ecclésiaste en sceptique, pour lequel «Il n’y a rien de nouveau sous le soleil» (I, 9) et «Tout est vanité» (I, 2), et en épicurien («Malheur à l’homme seul!» IV, 10), agnostique, matérialiste, voire existentialiste.

Le traducteur estime que les interpolations rabbiniques sur la prière, les sacrifices ou offrandes rendent le texte incompréhensible: il ne les a pas incluses.

Après cet ouvrage, Georges Las Vergnas terminera son œuvre avec Le célibat polygamique dans le clergé.

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