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  • chez l’auteur, Imprimerie Le Comtois, Besançon, 1956, 136p.
  • collection Comprendre n°2, La Ruche Ouvrière, 1966, 135p.

Il s’agit du témoignage d’une déconversion d’un homme destiné par sa mère à la prêtrise et qui rompit avec l’Église après quelques années de sacerdoce.

Outre les aspects biographiques confinés aux premier et dernier chapitres, Georges Las Vergnas nous fait surtout part de ses réflexions sur les dogmes, les écritures et les sacrements, et de leur influence sur la morale, les conceptions sociales et politiques du christianisme en général, et de l’Église romaine en particulier.

1. Pourquoi j’ai quitté l’Église catholique romaine

Ce premier chapitre parle de la jeunesse de Georges Las Vergnas à partir de son entrée au petit séminaire à 10 ans jusqu’à son exil en Creuse pendant la seconde guerre mondiale, quatre années d’intense activité intellectuelle, dont la rédaction de 3.000 feuillets en vue d’un dictionnaire d’exégèse et de théologie, non publié semble-t-il, mais qui a préparé son œuvre.

2. L’écriture sainte

Une lecture attentive de la Bible montre à l’évidence une évolution dans la mentalité du peuple hébreu, les livres les plus récents révisant ou contredisant en général les plus anciens. On voit l’évolution à l’œuvre dans les conceptions de l’âme, mais surtout dans le passage d’un dieu-potentat oriental parmi d’autres au dieu unique des prophètes, qui s’est entre temps amendé.

3. Le dogme

Une autre évolution de la bible juive est l’amoindrissement de la faute héritée: nous passons de la damnation punissant les générations futures à un destin individuel où les fils ne paient plus pour leurs pères, leçon ignorée d’Augustin d’Hippone (354-430), qui inventa le péché originel. Le chapitre évalue aussi les dogmes de l’enfer, de la rédemption, de la prédestination et de la trinité, qui servent tous à contraindre ou désorienter le chrétien.

4. Les sacrements

L’auteur compare à plusieurs égards les sacrements à une magie peu en rapport avec la morale: il est par exemple possible de gagner le Ciel par le fait de la présence d’un prêtre à l’article de la mort, même sans contrition sincère.

5. La morale

Pour Georges Las Vergnas, la morale doit s’adapter à l’humanité: l’homme survivant à ses dieux, c’est sur lui qu’il faut baser la morale. S’il était bon, par exemple, pour le peuple d’Israël d’il y a 3.000 ans de croître et de multiplier, l’auteur en appelle au contrôle des naissances. Or le prêtre, par une morale momifiée dans les dogmes, est un policier plutôt qu’un moraliste.

6. La politique

Partant de l’idée que l’esprit est supérieur à la matière, l’Église ne peut accepter la démocratie ni la laïcité; le pape étant le successeur de saint Pierre, il est le seul chef: l’Église est donc monarchique et totalitaire. L’auteur cite les textes plus ou moins récents (en 1956) du XIXe et XXe où l’Église catholique romaine réaffirme cette position. Par ailleurs, l’Église catholique s’est compromise avec Franco et Mussolini, a aimé les très catholiques Canada, Portugal et Irlande, a fomenté un coup d’État en Argentine lorsque Peron a voulu la laïciser… L’Église est son propre but, et est prête à tout ce qui peut la conforter.

7. Le social

Ce chapitre étonnera peut-être tant il semble évident pour beaucoup que l’Église a toujours œuvré pour les humbles et, prêchant l’égalité devant Dieu, elle serait même à l’origine des Droits de l’Homme. En fait, l’Église n’est que hiérarchie et n’a jamais voulu remettre l’ordre social en question: elle n’a combattu l’esclavage qu’au moment où il était en perte de légitimité et les encycliques «sociales», toujours ambiguës, n’ont fait que suivre (de) loin les conquêtes ouvrières.

8. Vers la libre pensée

Ce dernier chapitre revient à la biographie de l’auteur, son entrée dans la vie civile et professionnelle dans le début d’après-guerre et ses rencontres avec Couchoud et Lorulot (voir personnes). L’arrivée de lois favorables au catholicisme (Barangé) le pousse à adhérer à la Libre pensée, à se lancer dans les conférences et à écrire des articles.

Suites

Georges Las Vergnas a ensuite développé la thèse mythiste dans son Jésus-Christ a-t-il existé?

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