Mots-clefs

, ,

Voici quelques citations de Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, paru chez l’auteur en 1956 et réédité en 1966 dans la collection «Ruche ouvrière». Vous pouvez également télécharger ce pdf.

Citations

L’intelligence est mauvaise si elle contredit la foi, inutile si elle la répète, indésirable si elle la confirme. Puisqu’on ne peut la détruire, il faut l’égarer. C’est la théologie qui s’en charge.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 1.3 La théologie

Il n’est pas inoffensif de croire que trois font un, que Dieu est immuable dans sa création temporelle, qu’il est aussi juste que miséricordieux, qu’il faut mériter la grâce et que la vraie vie commence à la mort. On enferme des gens pour moins.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 1.3 La théologie

Je m’interrogeais jadis sur le mot de saint Anselme: La foi cherche l’intelligence. Maintenant j’ai compris: chacun cherche ce qu’il n’a pas.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 1.3 La théologie

L’Eglise n’a un peu d’humour que pour persifler l’évangile. C’est parce qu’il faut se faire petits (Matthieu 18, 3) qu’il y a tant de Grandeurs et d’Eminences ; Dieu n’est que bon (Marc 10, 18) mais les évêques sont Excellents.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 1.6 La Cathédrale

Quel pauvre dieu! Il ignore tout de la structure du monde, croyant, par exemple, que la terre fut créée avant le soleil alors qu’elle en vient. Copernic et Galilée auront du mal à l’instruire.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 2.1  Dieu

Rien n’est plus ridicule qu’un homme à genoux: il se prie lui-même. Et en adorant un être incompréhensible, il adore sa propre incompréhension.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 2.2 L’âme

Les apologistes, qui ont pour mission de justifier l’injustifiable, nous disent gravement: «Qu’on le veuille ou non, le péché originel est un dogme expérimental: l’enfant d’un alcoolique souffre à cause des fautes de son père». Brunschvicg a répondu qu’ils confondent biologique et spirituel ; or, si l’on veut comprendre, il faut distinguer. Il y a des lois naturelles iniques : on le savait déjà. Mais de quel droit transposer ces lois dans le surnaturel ? Je ne tiens point à retrouver ailleurs les injustices d’ici-bas.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 3.1 Le péché originel

La Rédemption, c’est la Raison d’Etat, l’Affaire Dreyfus du surnaturel. Ecoutez le grand prêtre : « Il est bon qu’un homme meure pour tout le peuple » (Jean 11, 50). Les curés sont toujours pour l’ordre contre la justice ; et pour l’Armée, la Magistrature et les Principes contre l’innocent.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 3.2 La Rédemption

L’enfer a toujours eu mauvaise presse. Tous ont remarqué la disproportion entre la faute et le supplice, ou la cruauté inutile d’un châtiment qui n’améliore pas le coupable. Mais on va rarement plus loin: il tarde d’en sortir. Ajoutons que l’enfer apprend à ne point pardonner. Dieu, qui prêche l’oubli des fautes, n’en donne pas l’exemple et nous demande d’être meilleurs que lui.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 3.3 L’enfer et la prédestination

Le rôle de toute religion est de justifier l’ordre établi. Résultante d’une société, elle en devient l’arme idéologique. Le but des dogmes est justement de créer un état d’esprit qui rende supportable un état de fait. Si l’ordre social est irrationnel, les dogmes le seront aussi, car on ne peut légitimer l’absurdité que par l’absurde ; et les dogmes qui justifieront l’injustice seront forcément injustes.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 3.6 But des dogmes

[La dogmatique chrétienne] affole d’abord l’esprit critique par le mystère: croire sans comprendre porte à obéir sans raisonner. Le Dieu arbitraire et incohérent accoutume au potentat capricieux.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 3.6 But des dogmes

Je fus pendant onze ans magicien. J’ai fait des choses surprenantes en prononçant certains mots qui ont le pouvoir de créer ce qu’ils signifient. Telle formule change instantanément le pain et le vin en Jésus-Christ. Je peux, maintenant encore, diviniser toute une boulangerie, de la tourte à la flûte, aussi bien que le wagon-foudre ou le seau de champagne.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 4. Les sacrements

La morale catholique me frappa d’abord par son impuissance dans le bien; 250 papes, des milliers de prêtres, soixante générations chrétiennes n’ont pas rendu l’homme meilleur.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 5. La morale

«Procréez, dit le prêtre, Dieu y pourvoira!». Oui, par la famine et la guerre. Une morale en l’air vous retombe toujours sur le nez. Mieux vaut empêcher les hommes de naître que les massacrer à vingt ans sur un champ de bataille, en l’honneur de la Civilisation chrétienne et capitaliste.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 5.3 Le malthusianisme

J’appelle Bien, en effet, ce qui sert le bonheur général; Mal ce qui nuit. Ils varient suivant les époques. Il est stupide d’obéir, en France et en 1956, au dieu d’une tribu palestinienne dépassé depuis 20 siècles par les événements.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 5.3 Le malthusianisme

Je sais bien que les fondements de la morale laïque sont discutés ; mais ceux de la religion le sont encore bien davantage. Dieu est ici, comme partout, la solution paresseuse ; et puisqu’on l’a chassé de l’astronomie, de la physique, des sciences naturelles et de la psychologie, il faut le chasser maintenant de la morale.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 5.5 L’Eglise confond morale et théologie

Puisque l’homme survit à ses dieux, c’est sur lui qu’il faut tout fonder. La morale est la loi de sa conscience, comme la logique est celle de l’esprit. Il faut donc former la Conscience.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 5.6  La conscience

C’est l’Eglise qui apprit l’intolérance au monde. L’antiquité ne mit à mort qu’un seul homme pour ses opinions: Socrate. Encore le peuple en fut-il honteux: il condamna par la suite les accusateurs et rendit à Socrate les honneurs posthumes.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 6.11 Une doctrine unique

Le persécuteur est souvent un martyr qui a réussi. L’Eglise triomphante échafauda, pour persécuter à son tour, un système totalitaire effarant où foi, sciences, histoire et philosophie «s’imbriquaient» au point qu’on ne pouvait toucher à rien sans que tout remue.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 6.11 Une doctrine unique

On n’est plus assez sot pour croire aux patries géographiques ; la patrie de chacun, c’est son Idéal. Ma patrie n’est pas la France ; ma patrie, c’est la Justice. Nous sommes des millions d’hommes à penser ainsi ; toute guerre est maintenant religieuse.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 6.16 L’Eglise et la guerre

« Les hommes s’entendront, disait Heine, quand nul n’aura la prétention de détenir la vérité. » Or, toute religion, par l’absolu de son dogme, est un racisme intellectuel.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 6.17 Les religions semeuses de haine

Pas un seul apôtre ou Père de l’Eglise ne condamna l’esclavage comme contraire au droit naturel. Ce sont les païens, un Florentinus, un Ulpien, qui le déclarent contre nature puisque «tous les hommes naissent libres et égaux».
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.5 L’esclavage

Les empereurs chrétiens aggravent la condition des esclaves adoucie par Trajan et les Antonins. Caracalla avait défendu la vente des enfants que permettra plus tard le concile d’Arles (Ve siècle).
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.5 L’esclavage

Il a fallu le christianisme pour faire des esclaves par persuasion, fiers d’êtres ignobles et joyeux d’être battus. La servitude leur parut une grâce.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.5 L’esclavage

Je sais bien que l’Eglise condamne les abus du capitalisme, mais sans dire où ceux-ci commencent; pour certains, le capitalisme même est un abus.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.9 Médecin, guéris-toi toi-même

[Le Pape] est même actionnaire des explosifs Montecatini (Ribard, 1960 ou le secret du Vatican, p. 35). Il a ses compagnies d’assurances pour ses avions et ses explosifs. Et quand il a bouzillé le mal­heureux, il exploite encore son cadavre, pour l’extraire du Purgatoire ou le canoniser.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.9 Médecin, guéris-toi toi-même

C’est la fameuse Banque du Saint Esprit qui fait les transactions entre ciel et terre: on paye ici-bas, on touche là-haut. L’Eglise, autrefois, arrondissait lentement son domaine, cousant le bois de l’ex­communié au champ du pendu, complétant le manoir du croisé par la ferme de la bigote. Tout cela est «périmé» comme dirait la Croix. C’est l’heure de la Haute finance. Le pape condamne les abus du capitalisme: il en est un.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.9 Médecin, guéris-toi toi-même

Les œuvres de l’Eglise empêchent un plus grand bien. Ravaler des façades et rafistoler des gout­tières permet aux taudis de durer. On ne fait pas du définitif en pérennisant le caduc. Et conserver les ruines n’est pas construire.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.11 Les œuvres de bienfaisance

[L’Eglise] veut réconcilier capitalistes et prolétaires par l’union des classes: c’est sauver le capita­lisme lui-même des colères du prolétariat. L’union entre voleurs et volés n’est qu’au bénéfice des premiers.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine7.12 Un beau baptême

« On croit mourir pour sa patrie, écrit France, et l’on meurt pour des industriels » (Lettre d’Anatole France à Marcel Cachin, 18 juillet 1922). Moi j’ai cru vivre pour Dieu et je vivais pour le capita­lisme.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 7.13 La vraie Trinité

Qui comprend tout peut tout excuser. Il faut habiter les bas-fonds du crétinisme pour imaginer un Dieu vengeur.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 8.3 Les orties sans fleurs

Mais sous le cantique de Noël, j’entends les fusillades d’Espagne et sous le cloître je vois l’in-pace. C’est à la tremblante veilleuse qu’on allumait jadis les bûchers. La façade de Notre-Dame cache bien des choses. Derrière Jésus-Christ, je vois le CRS; l’ombre de la Vierge est casquée.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 8.8 Arma lucis

Parfois, un prêtre observe ironiquement que j’ai été «long à comprendre». Mais lui n’a pas encore compris. Il prouve ainsi mieux que moi la malfaisance du système.
Georges Las Vergnas, Pourquoi j’ai quitté l’Eglise romaine, 8.11 Ils me traitent, bien sûr, de renégat…

Télécharger le pdf.

Publicités