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  • chez l’auteur, Besançon: Imprimerie Le Comtois, 1954, 96p.

Fleurs d’Orties est constitué de 24 billets prononcés à la radio ou écrits pour LA RAISON militante au début des années 50. Il s’agit de courts portraits sans concession, même à l’égard d’Anatole France, une de ses références.

Fidèle à son habitude, Georges Las Vergnas y fait preuve d’érudition et de causticité, et marque souvent son goût pour la poésie.

1. Léon Bloy

L’auteur présente le polémiste Léon Bloy (1846-1917) comme le plus culotté des réactionnaires.

2. Le Don Juan de Molière

Comment un théologien conçoit le débat entre le libertin Don Juan et Sganarelle, qui reprend l’argumentation de saint Thomas d’Aquin. De plus, en faisant suivre la colère du Ciel d’une pitrerie («saint Thomas» réclame ses gages), la pièce se termine en farce, amoindrissant l’aspect dramatique de la justice divine.

3. Paul Claudel

L’auteur s’insurge contre les courbettes faites à Claudel (1868-1955), dont l’œuvre, fort obscur, est tout sauf personnel. Il rappelle en outre que l’homme public (Ambassadeur de la Troisième République dans l’Espagne franquiste) fut pétainiste en 40 et gaulliste en 44.

4. Georges Bernanos

Ce ne sont pas les romans de Bernanos (1888-1948) que Georges Las Vergnas apprécie, mais les pamphlets, comme Les Grands Cimetières sous la lune (1938), qui témoignent d’une critique chrétienne à l’égard de l’Église, qui s’est compromise avec les pires régimes.

5. Bossuet, Polémiste

L’auteur résume les combats de l’évêque Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704), contre les protestants, le quiétiste Fénelon et l’exégèse biblique: aucune victoire nette à l’époque; deux franches défaites a posteriori.

6. Fénelon

Dans le combat qui opposa Fénelon (1651-1715) à Bossuet, Georges Las Vergnas se garde de victimiser le premier, dont l’hypocrisie «était anormale même pour un prélat»: s’il se soumit plusieurs fois, ce fut toujours en surface. De plus, s’il était contre la monarchie absolue, ce n’était qu’en vue d’un partage du pouvoir avec la noblesse.

7. Georges Fourest

L’auteur voit dans le poète Georges Fourest (1867-1945) un philosophe rabelaisien.

8. Maurice Maeterlinck

On ne voit pas bien ce que l’auteur trouve à ce poète-entomologiste (1862-1949, Nobel en 1911), si ce n’est le panthéisme.

9. Les idées politiques d’Anatole France

Las Vergnas nous dépeint un écrivain tellement sceptique à l’égard de la politique républicaine qu’il en devient monarchiste, mais suffisamment anticlérical pour ne pas adhérer à l’Action Française. Anatole France semble pourtant une source d’inspiration pour Las Vergnas, sensible dans le roman On a éteint l’Étoile Polaire.

10. Raoul Ponchon

Évocation par quelques vers de Raoul Ponchon (1848-1937), écrivain anticlérical et amoureux de la dive bouteille, qui rédigea néanmoins un grand nombre d’histoires de Noël.

11. Gœthe

L’auteur se plaît à décrire, références à l’appui, un Goethe (1749-1832) anti-chrétien et même mythiste, mais surtout panthéiste.

12. Descartes était-il cartésien ?

Un Descartes (1596-1650) frileux quant à appliquer son doute méthodique aux choses de la religion, c’est (maintenant) bien connu. Son œuvre fut néanmoins mis à l’Index douze ans après sa mort et le cartésianisme condamné par la Sorbonne, preuve pour Las Vergnas que sa pensée contenait un danger certain pour le pouvoir.

13. La Fontaine

Présentation d’un Jean de La Fontaine (1621-1695) bien moins infantile qu’il n’y paraît, dans ses Fables et surtout dans ses Contes. Néanmoins, Las Vergnas semble surtout vouloir réhabiliter les chats, que le fabuliste utilise pour moquer les ecclésiastiques.

14. Émile Zola

Ode à la volonté à travers la description de l’investissement d’Émile Zola (1840-1902) dans l’affaire Dreyfus.

15. Joseph de Maistre

Encore un polémiste réactionnaire – que l’auteur admet avoir beaucoup admiré dans sa jeunesse – mais finalement sans contenu derrière un style voltairien. Se voulant visionnaire, le rappel de certaines prédictions de Joseph de Maistre (1753-1821) fait sourire.

16. François Mauriac

Mauriac (1885-1970), qui avait favorablement reçu son manuscrit Rencontre du Christ, est traité avec bienveillance à l’occasion de son Nobel (1952). Las Vergnas trouve dans l’œuvre le difficile art de «marier les contraires sans les faire crier».

17. Charles Maurras

Esquissant la vie de Charles Maurras (1868-1952) en accéléré, l’auteur insiste sur l’incompréhension entre le journaliste et l’«héritier du trône», le comte de Paris (1908-1999), et avec Pie XI (1857-1939), montrant que tous ces gens se haïssaient. Il note que cet athée notoire se serait, comme tant d’autres, converti sur son lit de mort, ce dont l’auteur doute.

18. Éloge de l’Académie

De toutes les critiques de Georges Las Vergnas sur l’Académie française, une n’est plus de mise: les femmes y ont accès depuis que Marguerite Yourcenar a enfin forcé le verrou machiste. Pour le reste, il reproche surtout à cet hospice en bonne société de momifier la langue française depuis trois siècles, appauvrissant la langue et châtrant Rabelais.

19. La mort de Jules Claraz

Encore un converti sur son lit de mort! Bien que ne croyant qu’à moitié à la volte-face de l’ancien prêtre marié Jules Claraz (1868-1944), l’auteur tente de comprendre pourquoi, en vieillissant, l’on retourne volontiers au merveilleux de son enfance, et comprend d’autant mieux les catholiques qui tiennent tellement à conserver «leur» enseignement.

20. Encore elle

L’Académie française, qui compta Ernest Renan (1823-1892) parmi ses membres, ne s’est pas opposée à la débaptisation de sa rue (près de la place de Grève).

21. Port Royal des Champs

Une lance brisée en faveur des jansénistes, qui tentèrent de penser leur foi de façon plus rationnelle, et qui préfigurèrent à leur manière le mouvement de Lumières. Dans Pourquoi j’ai quitté l’Église romaine, Georges Las Vergnas est pourtant très sévère avec Blaise Pascal (1623-1662), mais bien plus pour ses Pensées inquiètes et négatives que pour ses Provinciales.

22. François Rabelais

Pour le quatrième centenaire de sa mort, l’auteur rend hommage à la langue et à la pensée libre de François Rabelais (v1490-1553), curé de Meudon, qu’il trouve bien peu superstitieux pour l’époque.

23. Saint Bernard

Chasseur d’hérétiques et fondateur de monastères plutôt que d’écoles et d’hospices, Bernard de Clairvaux (v1090-1153), qui prêcha la seconde croisade (1146), fut plus prudent que Pierre l’Ermite (1053-1115) qui embarqua avec la première (1095). L’auteur en examine les nombreuses conséquences, toutes malheureuses, pour les croisés eux-mêmes, les orthodoxes, les musulmans, et la ruine pour ceux qui sont restés au pays et les rares qui y sont revenus. Bref, un crime contre l’humanité profitant à l’Église, qui s’est ainsi constitué de grands domaines.

24. À André Lorulot

Sonnet en alexandrins paru dans la L’Idée libre juillet/août 1954 «À André Lorulot pour ses “noces d’or” avec la Libre Pensée».

Son livre suivant est Pourquoi j’ai quitté l’Église romaine (1956).

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